Ce texte reprend les thèmes évoqués lors de la conférence Comment construire une marque attachante ? animée par Céline Grégoire et Nicolas Riou au Printemps des Etudes le 5 avril 2013. 

Dans un contexte en évolution rapide, les méthodes classiques de construction de la marque ne suffisent plus. Le consommateur a changé. Son rapport à la marque n’est plus le même. Avec l’internet et les réseaux sociaux, il n’est plus le consommateur passif sur lequel s’est construit le marketing classique. Il peut interagir avec les marques et influencer leur avenir. Il est devenu plus exigeant, mais une fois qu’une marque parviennent à créer de l’attachement, il ne se limite pas à être un consommateur fidèle. Il peut devenir son meilleur ambassadeur. D’où l’intérêt de comprendre comment une marque peut sortir du lot, quelle que soit sa catégorie, et devenir une marque attachante. 

Dans un interview récente au Monde Patrick Thomas annonçait pour 2012 des chiffres records sur le marché chinois, contrairement à certains concurrents qui ont senti un net tassement de leur croissance. P Thomas énoncait le « paradoxe du luxe » valable sur tous les marchés : « plus tu es désirable, plus tu vends et plus tu vends moins tu es désirable »

A l’orée des années 2000, les publicitaires avaient prophétisé un homme ultra-féminisé avec le Métrosexuel. Il n’en a rien été. Les hommes restent différenciés des femmes dans leur consommation et se projettent toujours dans les valeurs masculines. Les marques de luxe l’ont bien compris. Elles partent aujourd’hui à l’assaut de cette cible, qui représente pour elles un relai de croissance significatif, en faisant le pari des classiques masculins.

Pour donner un ordre d’idées : l’Inde comptait « seulement » 350 millions de personnes à l’indépendance.  Elle a dépassé le milliard en l’an 2000. Compte aujourd’hui environ 1,160 milliard de personnes et dépassera la Chine vers 2030. On le sait, cette population compte des très très riche et beaucoup de très très pauvres. Mais ce qui frappe aujourd’hui est l’essor d’une grande classe moyenne, qui compte aujourd’hui entre 200 et 300 millions de personnes et s’appuie sur un taux de croissance de 7,5% en 2011.